logos Be InsCAIPS, en partenariat avec le CIRIEC (Centre International de Recherches et d'Information sur l'Economie Publique, Sociale et Coopérative) et l’Observatoire de l’Economie Sociale de la Plateforme ConcertES a démarré en 2016 un projet de recherche intitulé « Bien-être et insertion : Première évaluation de l’impact d’un passage en Centres d’Insertion Socioprofessionnelle (EFT & OISP) sur le bien-être psychosocial des stagiaires ».

L’objectif stratégique de ce projet consiste à mettre en lumière de façon rigoureuse les retombées du passage des stagiaires en CISP, à la fois sur le degré d’insertion sociale des stagiaires et sur la dynamisation des collectivités locales et régionales. Le projet permettra ainsi de donner une illustration concrète du travail effectué par les CISP, et tentera également d’approcher par une méthode alternative l’évaluation monétaire de leur impact social sur les stagiaires et leurs familles.

CAIPS est chargé dans un premier temps du développement concret et de la mise en œuvre de la recherche avec les centres : construction d’un questionnaire en concertation avec les CISP, puis enquête sur cette base auprès d’un échantillon de stagiaires (et d’un groupe témoin), à interroger trois fois : à l’entrée en formation, à la sortie de la formation et six après la fin de formation. La méthodologie de cette enquête garantit à la fois la protection de la vie privée des stagiaires (anonymisation des données, engagement de confidentialité) et la la validité scientifique des résultats. Ce projet est mené avec le soutien de la Région Wallonne.

LES PARTENAIRES

  • CAIPS, par sa position de fédération et sa pratique de groupes de travail en réseau avec ses affiliés, est à même de mener à bien cette recherche-action qui nécessite la collaboration de CISP. Par ailleurs, l’équipe de CAIPS compte des membres formés aux sciences de l’éducation, aux sciences sociales et à la recherche scientifique.
  • L'Asbl Section belge du CIRIEC est l’une des 13 Sections nationales du CIRIEC international dont il partage les objectifs : assurer et promouvoir la collecte d'informations, la recherche scientifique et la publication de travaux concernant les secteurs économiques et les activités orientés vers le service de l'intérêt général et collectif. Centre de recherche spécialisé, le CIRIEC travaille avec des équipes pluridisciplinaires et internationales, l’angle d’analyse restant fondamentalement économique. Une des originalités du CIRIEC réside dans son double ancrage au niveau de la recherche et des entreprises/organisations actives en économie publique, sociale et coopérative. Le CIRIEC agit comme plateforme d’échange d’information et d’expériences, dans un esprit de coopération et d’enrichissement mutuel pour les décideurs politiques, praticiens, gestionnaires et chercheurs scientifiques.
  • L’Observatoire de l’Economie Sociale est abrité par ConcertES, la concertation des organisations représentatives de l'économie sociale. Pôle d’expertise et de réflexion, l’Observatoire de l’Economie Sociale rassemble, en un seul endroit, toutes les données relatives à l’économie sociale. Véritable portail statistique de l’économie sociale francophone de Belgique, l’Observatoire est en mesure de présenter le secteur sous de nombreuses facettes. L’observatoire se veut un outil aux services de tous ceux qui participent aux réflexions, à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques et d’actions concernant l’économie sociale. Il permet aux décideurs politiques et aux porteurs de projets d’obtenir les informations qu’ils désirent sur l’économie sociale afin de développer leur argumentaire, leur positionnement, d’appréhender l’économie sociale.

PHASE 1 - 2016

La première phase de la recherche a consisté à élaborer un questionnaire  en s’appuyant sur la littérature scientifique relative à la mesure de l’impact social, sur l’expertise de travailleurs des centres et sur le témoignage d’une trentaine de stagiaires. Le questionnaire ainsi construit examine une douzaine de dimensions de la vie des stagiaires : profil général, activités et revenus, parcours formatif, qualité de vie, accès aux services publics , vie sociale, familiale et culturelle, communication et mobilité, projets, insertion sociale des enfants, estime de soi, autonomie et gestion du temps.

A partir de mai 2016, 260 questionnaires anonymes ont été récoltés auprès de deux groupes de stagiaires, les uns entrés en formation depuis peu, les autres arrivés en fin de formation. Après traitement informatique des données, trois types d’analyse ont été menées afin de dégager des « photographies » de la situation des stagiaires dans les différentes dimensions examinées, en comparant les stagiaires selon le sexe, le stade de formation et le niveau de diplôme.

Les résultats univariés obtenus montrent que, dans l’ensemble :

  • Un stagiaire sur deux connaît au moins un problème « important 
  • Un stagiaire sur deux a au moins un enfant mineu
  • Un stagiaire sur deux ne possède pas de permis de conduire valable
  • Plus de la moitié des stagiaires a déjà suivi une autre formation dans une démarche d’insertion socioprofessionnelle
  • Les stagiaires plus diplômés (CESS ou +) sont proportionnellemnt plus nombreux en fin de formation qu’en début de formation
La comparaison entre les stagiaires en début de formation et les stagiaires en fin de formation montre que :
  • En fin de formation, les stagiaires déclarent plus souvent avoir été malades dans le mois qui précède, mais ils ont été moins souvent hospitalisés. Ils éprouvent moins souvent de la colère, de la tristesse ou de la peur ; leur degré d’autonomie augmente, de même que leur estime d’eux-mêmes et leur vie sociale s'intensifie.
  • Les stagiaires arrivés en fin de formation ont plus de loisirs informatiques, manuels et intellectuels, ils fréquent plus souvent les syndicats, les médiateurs de dettes et familiaux et les bibliothèques
  • Les stagiaires en fin de formation vivent beaucoup plus souvent en cohabitation et avec des enfants mineurs
Ces résultats provisoires ne constituent pas une mesure de l’impact social des CISP : la méthodologie ayant fait ses preuves, l'enquête est reproduite en 2017 à plus grande échelle, en suivant un même panel de stagiaires du début à la fin de leurs formations, afin de pouvoir mettre en lumière les changements de situation survenant chez une même au cours de sa formation en CISP. 
 
PHASE 2 - 2017 
 
En 2017, l'enquête est reconduite à grande échelle : collecte de questionnaires auprès de 400 stagiaires, administrés à trois reprises à chacun : à l'entrée en formation, en fin de formation et post-formation.

 

 

Personne de contact: Céline LAMBEAU

 

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