Initiative citoyenne et résistance contre la réforme APE

Plusieurs associations ont émis le souhait de voir émerger une initiative citoyenne, qui amène sur l’espace public le débat autour de la réforme du dispositif APE. Une pétition est en préparation, une mobilisation élargie est en cours…

Sans remettre en question les négociations actuelles menées par les partenaires sociaux avec le cabinet Jeholet et le Gouvernement de la RW, des associations cherchent à recentrer le débat sur les dangers que risque de faire encourir un projet de réforme (s’il est voté en l’état) sur les politiques de solidarité, de proximité, les politiques culturelles et, de manière générale, sur la qualité des services rendus aux personnes et aux citoyens.

L’idée est bien de faire entendre la voix du terrain, des secteurs, de la société civile : celles et ceux qui sont le mieux placés pour témoigner des impacts d’une réforme dont l’objectif prioritaire est de maîtriser le budget APE par des économies réalisées aux dépens des employeurs, des travailleurs et des publics bénéficiaires.

Une plateforme se met en place en vue de piloter des actions avec comme point de démarrage la diffusion d’une pétition. D’autres actions sont envisagées avec le dépôt de la pétition par une délégation d’associations au Parlement de la RW (lors de la rentrée parlementaire) couvert médiatiquement (ex. : télés locales, etc.), des demande d’auditions au Parlement wallon, …

Faut-il encore préciser que la fédération soutiendra ces initiatives et invite ses affiliés à en faire autant…

Le texte de la pétition

APE : NON à une réforme qui fragilisera toute la société ![1]

Tout le monde connaît des personnes employées sous statut APE (Aide à la Promotion de l’Emploi) : dans les crèches, dans les maisons de repos, dans les centres d’hébergement et les écoles de devoirs, les aides familiales en passant par les animateur·trice·s des associations et centres culturels ou organisations de jeunesse, ou encore les formateur·trice·s des centres d’insertion socioprofessionnelle… Ces travailleurs·ses du non-marchand, aux côtés des services publics, développent des actions variées et rendent des services de proximité pour répondre à des besoins essentiels, vitaux même, de société (santé, petite enfance, cohésion et inclusion sociales, formation, hébergement d’urgence, encadrement extrascolaire, etc.).

Au total, c’est plus de 60.000 travailleurs·ses qui se dévouent quotidiennement pour NOUS, NOS ENFANTS, NOS AÎNÉ·E·S, NOS PROCHES, NOS AMI·E·S, NOS CONCITOYEN·NE·S.

La réforme du Gouvernement de la Région wallonne fragilisera à coup sûr les services proposés par ces secteurs puisque les pertes pour chaque association sont estimées entre 5 à 10 % de la subvention (voire 30 à 50 % dans certaines structures) sans compter la réduction de 20 % qui touchera d’office les décisions APE à durée déterminée. Ramené au nombre de postes APE existants aujourd’hui, c’est quelque 3.000 à 6.000 postes qui risquent de disparaître avec comme conséquence inévitable et dramatique une baisse de la qualité des services aux personnes et aux citoyens·nes ! Et le « buffer », système censé apporter des solutions aux associations en difficulté de « secteurs prioritaires » et imaginé par le Gouvernement, n’y changera pas grand-chose dès lors qu’il accentue le problème en retirant aux un·e·s ce qui sera donné aux autres.

La réforme proposée ne doit pas être l’occasion d’économies budgétaires ou l’abandon pur et simple de certains services à la population sous des prétextes de maîtrise budgétaire, de transparence et de bonne gouvernance. Au contraire, les besoins criants de notre société, en panne de solidarité classique, imposent de soutenir et renforcer les services à la population dans le secteur non marchand.

Nous, femmes et hommes, parent·e·s, citoyen·ne·s, acteur·trice·s d’une société démocratique, refusons d’être à nouveau les victimes d’une réforme qui sape les forces vives et les initiatives de terrain, lesquelles donnent du sens au terme de SOLIDARITÉ. Nous refusons de rejeter certains projets à plus-value sociétale par rapport à d’autres, tant les besoins des individus ou des collectivités sont à considérer dans leur globalité.

Nous demandons que cette réforme, sous le couvert des principes de simplification, d’égalité de traitement, de transparence et de contrôle, ne brade pas les services offerts aux aîné·e·s, aux parent·e·s, aux malades, aux jeunes et aux enfants, aux chercheurs·ses d’emploi. Au contraire, cette réforme doit permettre de maintenir et de développer ces services au regard des enjeux et des politiques qu’elle dit vouloir soutenir et pérenniser !

Nous appelons la SOCIÉTÉ CIVILE à se mobiliser et les PARLEMENTAIRES à en être le digne écho en examinant en profondeur le texte qui leur sera soumis à la rentrée et les conséquences d’une réforme si elle reste en l’état ! Nous disons NON à une réforme qui fragilisera la solidarité au sein de la société, particulièrement auprès des plus démunis.

[1] Les aides à la promotion de l’emploi (APE) sont des subventions octroyées entre autres aux associations du secteur non marchand (socioculturel, santé, action sociale, formation, éducation et recherche, etc.) situées en Wallonie. Ce sont donc des aides qui, au-delà de l’objectif de réinsérer des personnes en recherche d’emploi, contribuent à l’action des associations qui œuvrent pour l’intérêt général.

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